LE TREMPLIN PHOTO DE L'EMI

GENESE
« Tremplin photo de l’EMI »

Interview de François Longérinas

directeur général de l’EMI-CFD

- Pourquoi avoir décidé de créer ce « tremplin photo » ?

C’était au retour de Visa pour l’image, en 2005. La sortie de notre ouvrage « Photojournalisme à la croisée des chemins », à Perpignan, en avant-première, y avait connu un réel succès auprès des professionnels, du public, et de tous ceux qui rêvent de devenir photoreporter…
Notre démarche était, sans conteste, reprise et reconnue : il était légitime et nécessaire de former les jeunes générations en leur livrant les arcanes du métier, sans réserve, afin de mieux les armer, tant sur le plan journalistique que moral et éthique.
Nous avions alors décidé, autour d’une table de bistrot, Wilfrid Estève, responsable de notre filière photo, Odile Andrieu, alors présidente de l’Association nationale des iconos, et moi-même, de franchir un pas de plus : offrir à un photographe, qui n’en n’a pas les moyens financiers, de suivre notre formation qualifiante de photojournalisme.
C’était renouer avec la tradition originelle de l’EMI-CFD, celle d’être un « tremplin » afin de permettre à un candidat qui requiert toutes les qualités requises pour devenir un bon professionnel d’accéder librement à notre formation.

- L’EMI organise des conférences, un café-photo photo mensuel, pourquoi cette diversité d’action ?

Nous connaissons une véritable révolution avec le développement du numérique. Il ne serait pas raisonnable de rester entre nous pour réfléchir. L’heure est à l’échange et au partage. Nous avons des réponses, nous soutenons des expériences, comme celle de Territoires de fictions, mais nous avons besoin des autres pour avancer… Dans un monde où le « chacun pour soi » devient la règle, il est important que des lieux, comme l’EMI-CFD existent pour démontrer que coopérer est aussi performant et plus ludique (comme le dirait le philosophe Patrick Viveret) que le règne des guerres fratricides…

- Qu’est-ce qui différencie l’apprentissage à l’EMI-CFD des autres centres de formation ?

Tout d’abord, notre pédagogie est fondée sur la pratique, tous nos intervenants ont conservé leur activité professionnelle d’origine : si vous demandez à chacun d’entre nous ce qu’il fait comme métier, il vous dira « journaliste, éditeur ou photographe … » et non formateur !
Et puis, tous les corps de métiers de l’information sont représentés, ce qui nous permet de monter des projets communs entre les différents stages. Aujourd’hui, par exemple, nos graphistes conçoivent visuellement le site web qui accueillera les reportages photo des stagiaires de l’année.
Nos élèves sont ainsi confrontés aux usages dans nos secteurs.
Vous le savez, l’univers des médias est en pleine mutation. Notre regard « transversal » nous place en première ligne pour comprendre les mécanismes à l’œuvre et anticiper sur les évolutions de chaque métier.

Interview de Wilfrid Estève, responsable de la formation Photojournaliste à l'emi-cfd

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